Projet de loi no 1
Le Mouvement du Grand Québec
Le 9 octobre 2025, le gouvernement du Québec a déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi no 1 — Loi donnant au Québec une constitution écrite. Bien que les partis d’opposition aient exprimé des réserves quant au projet de loi lui-même, ils appuient tous l’idée qu’un Québec devrait se doter d’une constitution.
La communauté d’expression anglaise se retrouve maintenant engagée dans un processus pour lequel elle peut se sentir peu préparée, et nous souhaitons offrir quelques pistes pour avancer.
Veuillez consulter l’article d’opinion du 26 novembre dans le Montreal Gazette, signé par le directeur du MGQ, Richard Walsh Smith, intitulé « Done right, a Quebec constitution could be a bridge, not a barrier ».
Vous trouverez ensuite une lettre datée du 4 février 2023 adressée à la présidente de TALQ, Eva Ludvig, par Richard et le directeur du MGQ Giuliano D’Andrea — lui-même ancien directeur de TALQ lorsque celui-ci s’appelait le Quebec Community Groups Network (QCGN). Cette lettre exhortait TALQ à organiser un événement Zoom sur le thème d’une constitution québécoise.
Ne serions-nous pas un peu mieux préparés aujourd’hui si TALQ avait tenu un tel événement à l’époque? Nous suggérons que d’autres activités de ce type soient organisées dans l’avenir, puisque l’idée d’une constitution québécoise continuera d’évoluer, même en cas de changement de gouvernement.
Veuillez également consulter l’onglet Médias pour nos commentaires antérieurs sur la question d’une constitution du Québec.
Le témoignage du Mouvement du Grand Québec devant l’Assemblée nationale du Québec concernant le projet de loi 1, un projet de loi visant à doter le Québec de sa propre constitution écrite. Les témoins sont Giuliano D’Andrea, Peter G. White et Richard Walsh Smith.
Done right, a Quebec constitution could be a bridge, not a barrier
Montreal Gazette, 26 novembre 2025
Dans cet article, le directeur du MGQ, Richard Walsh Smith, soutient qu’une constitution québécoise soigneusement rédigée pourrait unir plutôt que diviser, en affirmant clairement des principes communs et en protégeant les droits des minorités. Il souligne qu’un processus de rédaction inclusif et participatif — auquel prendraient part toutes les communautés du Québec — pourrait transformer la constitution en formant un pont entre les groupes. Bien conçue, elle offrirait stabilité, clarté et assurance aux anglophones et à toute personne craignant l’exclusion.
Cliquez ici pour lire l’article complet sur MontrealGazette.com
Lettre du 4 février 2023 adressée à la présidente de TALQ, Eva Ludvig, par les directeurs actuels du MGQ, Giuliano D’Andrea et Richard Walsh Smith, au sujet d’une constitution du Québec
La lettre du 4 février 2023 adressée à la présidente du QCGN — aujourd’hui appelé Talking About Living in Quebec (TALQ) —, Eva Ludvig, exhorte l’organisme à organiser un événement Zoom sur la possibilité d’une constitution québécoise, avec Benoît Pelletier et Julius Grey comme conférenciers invités. La lettre soutient qu’une démarche proactive — plutôt que défensive — pourrait réduire les tensions entre anglophones et francophones, contrer les stéréotypes négatifs ayant suivi l’adoption du projet de loi 96, et aider la communauté d’expression anglaise à participer de manière constructive à une conversation constitutionnelle croissante susceptible de façonner l’avenir du Québec.
Mémoire du MMQ soumis à la Commission des institutions de l’Assemblée nationale concernant le projet de loi no 1, qui vise à doter le Québec d’une constitution écrite
Veuillez cliquer pour consulter notre mémoire, qui critique le projet de loi no 1 pour avoir marginalisé les Québécois d’expression anglaise, remet en question la définition restrictive d’« Anglo historique » proposée par le projet de loi et avertit qu’il risque d’accentuer les divisions sociales. Le mémoire propose de permettre l’intégration d’écoles publiques francophones et anglophones afin de renforcer la cohésion sociale et exhorte l’Assemblée nationale à mettre le projet de loi en suspens afin de mener des consultations plus larges et plus substantielles avant d’adopter une constitution québécoise — une initiative que le MGQ appuie depuis longtemps dans ses interventions publiques.
Remarques liminaires pour le témoignage devant la Commission des institutions de l’Assemblée nationale, présentées par le Mouvement du Grand Québec (MGQ)
4 décembre 2025
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de la Commission, merci de nous recevoir aujourd’hui. Nous sommes honorés de pouvoir contribuer, en tant que citoyens engagés, à cette réflexion collective sur le projet de loi numéro 1, qui propose l’adoption d’une constitution écrite pour le Québec.
Il y avait une fois un alpiniste anglo-québécois, Don Gusto, qui décida de s’entraîner à via ferrata dans les montagnes de Charlevoix. Pendant qu’il se prenait en selfie, il trébucha, restant suspendu à sa corde de sécurité a plus de 100 mètres du sol. En bas il ne pouvait pas descendre et en haut il ne pouvait pas grimper.
Dans son désespoir, il regarde vers le ciel, et crie « Au secours, y a-t-il quelqu’un? » À sa surprise, un grand vent se met à souffler, les nuages se dispersent et une voix paternelle répond, « Mon fils, je peux te sauver si tu crois en moi. » Don Gusto répond « Oui, oui je crois en vous. Sauvez-moi.» La voix répond, « Si tu veux être sauvé, laisse la corde. » . « Laisse la corde? » Don Gusto regarde en bas, il regarde en haut, et répond, “Y a-t-il quelqu’un d’autre la-haut?”
Si Alexis de Tocqueville était présent il aurait sûrement posé la question, l’Anglo-québécois, qui est-il? Ce Québécois vient de diverses cultures, ethnicités, et religions. Il appartient à une communauté fracturée et pourtant, comme Don Gusto, il est indéniablement québécois.
À entendre ce qui se dit dans les médias, on dirait que c’est une communauté qui rejette le Québec et son identité. Comme porte-parole de notre Mouvement, laissez-moi vous rassurer. C’est faux. Qu’on soit anglophile ou francophile, qu’on soit fédéraliste ou autonomiste, ou même dans certains cas souverainiste, à la base on est fièrement québécois et désireux de participer dans le Québec du présent et du futur.
À l’image de don Gusto, on s’identifie aussi à son passé qui est aussi notre histoire. Comme Québécois d’origine italienne, j’apprends constamment combien nos racines ont contribué à l’identité québécoise. Le régiment Carignan Salières (Carignano Salieri) par exemple, vient à l’esprit.
On veut contribuer et c’est dommage qu’il y ait eu si peu de temps pour faire une plus large consultation avec nos populations, qui aurait pu inspirer d’autres idées et d’autres conversations. On est à l’écoute, on veut apprendre et discuter et pas se sentir piégé comme le pauvre Don Gusto sur sa corde.
Il y a minorité nationale partout où nous observons dans un État donné la coexistence de plusieurs nations, où le terme “nation” signifie une communauté historique plus ou moins complète du point de vue des institutions, qui occupe un territoire donné ou patrie et qui a une langue et une culture distinctes.
Dans ce sens sociologique, la notion de « nation » est étroitement liée à celle de « peuple » ou de « culture ». Une telle nation n’est pas fondée sur la descendance ou le sang.
Par conséquent, un pays où vit plus d’une nation n’est pas un État-nation mais un État-multination, et les petites cultures y forment des « minorités nationales ».
Nous soutenons donc que les Québécois anglophones constituent une minorité nationale au sein de l’État multinational du Québec, tout comme les Québécois francophones constituent une minorité nationale au sein de l’État multinational du Canada.
Dans un État-multinational, la constitution est, entre autres choses, un contrat entre la ou les minorités et la majorité, qui définit les termes qui ont été négociés et sur lesquels les diverses parties se sont entendues dans le but d’établir et de bâtir solidairement l’entreprise ou l’aventure de leur pays. Toutes les parties doivent alors approuver officiellement ces termes.
En passant, nous devons toujours nous souvenir que l’Assemblée nationale du Québec n’a jamais officiellement ratifié l’Acte de la Constitution de 1982.
Pour se sentir en sécurité au sein d’une culture dominante plus vaste, une minorité nationale a besoin de cinq garanties :
(1) la reconnaissance formelle de son existence en tant que minorité nationale légitime au sein de la société dans son ensemble, et la reconnaissance formelle de son droit légitime à sa perpétuation culturelle au sein de la communauté majoritaire ;
(2) une définition claire et formelle, à laquelle ont souscrit la minorité et la majorité, des caractéristiques qui distinguent la minorité nationale de la majorité, que la minorité nationale désire préserver et protéger de l’assimilation ou de l’homogénéisation, et que la majorité consent à reconnaître et à respecter ;
(3) le droit incontestable à s’auto-gouverner dans les domaines qui la caractérisent essentiellement ;
(4) le droit incontestable d’être représentée dans les institutions de la communauté majoritaire ; et
(5) le droit de veto sur toutes les propositions d’amendements constitutionnels qui pourraient être préjudiciables à toute protection constitutionnelle des droits qu’elle a acquis en tant que minorité nationale – ou, en d’autres termes, le consentement obligatoire de chacune des parties à des modifications contractuelles affectant ses droits ou son statut, clause normalement en vigueur dans toute forme de contrat.
En conclusion, nous croyons que le Québec a aujourd’hui l’occasion d’adopter une constitution qui réflète sa réalité pluraliste, qui renforce la confiance entre les communautés et qui exprime un projet de société rassembleur. Nous remercions sincèrement la Commission de nous avoir permis de présenter ces points de vue et nous demeurons à votre disposition pour répondre à vos questions.
